Chirine El Ansary

Après une enfance entre la France et l’Égypte, Chirine étudie le théâtre et la danse au Caire, à Paris et à Londres. Elle se passionne pour le travail du Corps et de la voix, avec un intérêt particulier pour le récit, la poésie et la danse.
C’est en 1992, parallèlement à son métier de comédienne, que Chirine commence une réécriture de cycles entiers des Mille et Une Nuits, s'inspirant de la vie cairote, de ses souvenirs d’enfance et de ses voyages à travers l’Égypte : Désert Libyque, Sinaï, les villages du Delta et de la Haute Égypte.
Chirine tente de rester aussi proche que possible de l’esprit subversif des Mille et Une Nuits, loin des clichés colportés par les fantasmes orientalistes. Les textes et poèmes se disent, se jouent à travers le regard d’une femme, ballottée dès l’enfance, d’une culture à une autre, d’un monde à un autre, d’une langue à une autre.
Portées par sa voix, ces histoires expriment les grands extrêmes qui tour à tour ravivent, ou déchirent notre monde.
Trilingue, Chirine se produit à travers le monde : Canada, Tanzanie, Kenya, Syrie, Angleterre, Norvège, Suède, Afrique du Sud, Pays-Bas, Maroc, Tunisie... On a également pu l'entendre sur les ondes:
Pour la BBC dans La Trilogie de Naguib Mahfouz, 2006
Pour Radio Monté Carlo dans 1001 Vies, 2006
Pour Radio Monté Carlo dans L'Impossible est Impossible, 2008
En 1999 le Frankfurter Allgemeine Magazin lui consacrera sa une.
Chirine anime également des stages intensifs, voix corps espace, notamment à Goldsmiths College, University of London

« Si cette lettre pouvait parler, elle ferait entendre une voix exquise qui cisèle les mots, dessine les silences et donne chair à la parole. Une voix magique qu’auraient apprivoisée des années de travail sur les textes mais aussi sur la gorge et le souffle, le corps et les gestes. Si cette lettre pouvait montrer, elle ferait flotter ici la grande chevelure noire de cette conteuse égyptienne entre ciel et terre, entre cascades et nuages ». Extrait de la Lettre francofffonies ! mars 2006

« Chirine est plus qu’une conteuse, c’est une ensorceleuse. De l’élasticité de son corps, du miroitement luxueux ou de la pauvreté dépenaillée de ses costumes, du choix de ses accessoires, jaillit une fresque ancienne et contemporaine, celle des Mille et une nuits, qui prend formes, voix, mouvements en une succession de péripéties sous les yeux d’un public transporté. … Chirine sort à chaque spectacle de son grand sac de conteuse la virtuosité nécessaire pour réinventer à l’infini, en le déclinant au présent, un des plus vieux contes de la littérature arabe. Rencontre avec une conteuse au service d’une autre conteuse et de ses personnages: Shéhérazade, Aziz, Aziza, et tous les autres…».
Extrait de Babelmed, Nathalie Galesne